Les nouveautés
Les coups de cœur
n Turquie, Fazil entame des études de littérature loin de sa mère qui est restée seule après la mort de son mari. Le jeune étudiant devient boursier et loue une chambre dans une pension. Il doit travailler pour subvenir à ses besoins. Il est engagé comme figurant dans une émission de télé. Sur le plateau, il rencontre Madame Hayat, une femme libre, très sensuelle et probablement de l’âge de sa mère. Fazil tombe immédiatement sous le charme de cette femme mystérieuse. Tout les oppose mais ils se lancent dans une relation passionnelle.
En parallèle, Fazil rencontre également une jeune fille avec qui il a de nombreux points communs.
C’est un roman d’amour et d’apprentissage entre un jeune homme et une femme d’âge mûr.
L’auteur, journaliste turc, a écrit ce roman durant son emprisonnement. Il a été libéré en avril 2021.
(Monique et Carine - Club de Lecture)
Coyote voyage avec son père dans un bus scolaire réaménagé. Ils sillonnent les Etats-Unis mais un événement va pousser Coyote à vouloir à tout prix revenir dans sa ville natale…
Dans son roman, Muriel Barbery nous emmène au Japon, à Kyoto. Rose a perdu sa mère et n'a pas connu son père japonais. Quand un notaire lui annonce la mort de son père au Japon, elle se rend sur les traces de ce père inconnu, marchand d'art contemporain. Elle est accueillie par l'assistant de son père.
On y découvre à travers son voyage, les fleurs majestueuses, les traditions, les jardins et les temples, les rites avec les satés.
La découverte du japon, par ces descriptions nous fascine et Rose va découvrir ses excès.
C'est une vraie découverte du Japon, apaisante et régénérative.
(Françoise - Club de Lecture)
Cette bande dessinée est née de la rencontre entre Jean-Marc Jancovici, ingénieur spécialiste des questions de climat et d’énergie (initiateur de la notion de bilan carbone) et de Christophe Blain, dessinateur et auteur de BD. Ils nous proposent un travail de vulgarisation des enjeux énergétiques qui fait mouche : drôle sur la forme et sérieux sur le fond.
La BD débute en donnant les notions clés concernant l’énergie sous toutes ses formes : autrefois 100% renouvelable (énergie animale, humaine) et aujourd'hui en majorité épuisable, polluante ou fournissant des déchets difficiles à gérer. Le propos est particulièrement bien documenté et propose des comparaisons qui permettent aux néophytes de s’approprier les enjeux et les ordres de grandeur de façon ludique.
L'exposé se poursuit par quelques chapitres consacrés à l'étalement urbain qui crée un besoin toujours plus grand en énergie...
Le propos en vient ensuite aux sources d'énergies, renouvelables, fossiles, leurs avantages, leurs inconvénients, les aprioris, les idées reçues ... les besoins croissants des humains... besoins qui accélèrent le processus de réchauffement dont les mécanismes sont clairement expliqués.
Un livre utile et dérangeant, qui invite à faire le deuil d'une vie d'abondance.
(Muriel - Club de Lecture)
Le dessinateur Christophe Blain s’interroge sur le réchauffement climatique. Il rencontre Jean-Marc Jancovici, l’inventeur du bilan carbone qui permet de compter les émissions de gaz à effet de serre. A eux deux, ils expliquent des notions compliquées comme la loi de conservation (qui oblige l’humain à extraire l’énergie de son environnement quand la sienne propre ne suffit pas) ou encore le climat sans simplisme et avec clarté , en s’appuyant sur notre quotidien.
Les faits sont exposés, des solutions variées sont proposées. Ce livre permet de poser les choses, d’y réfléchir et d’avoir une vision d’avenir. Sans aller jusqu’à “un avenir radieux”, on se dit que l’on peut agir pour un avenir possible. Des dessins sympas et beaucoup d’humour permettent une lecture agréable pour un sujet angoissant.
(Monique - Club de Lecture)
Une ode à la diversité des corps, porteurs d'histoires de vie et tous beaux dans leur singularité.
Dans une écriture âpre et poétique, Cécile Coulon décrit la noirceur des hommes à travers les yeux d'un guérisseur convoqué au chevet d'un enfant dans une campagne reculée. En une nuit, celui qui parle "la langue des choses cachées" fait éclater un secret de famille et tente de réparer les erreurs du passé.
Un portrait de la France de 2015 à 2022 d'une grande finesse sociologique.
« Les papillons noirs » est d’abord une série TV qui met en scène un écrivain (Mody) avec un tueur en série qui lui demande d'écrire ses mémoires ; ce roman est donc celui rédigé par Mody.
On y retrouve Albert et Solange, deux enfants de la deuxième guerre mondiale : un orphelin et une fille de tondue, qui grandissent sans amour dans une petite ville de province, rejetés par tous. Albert est fou amoureux de Solange. Il l'aime tant qu'il est prêt à tout pour elle, y compris tuer. Car Solange est si naturellement belle que « personne ne sait faire ça mieux qu'elle, attirer les regards sans faire le moindre effort. » Et des regards, elle en attire beaucoup… Trop. « C'est toujours pareil. Il a ses mains sur elle. Son corps sur elle. Je sens monter la rage. » Alors Albert prend sa défense, la protège de ceux qui cherchent à abuser d'elle, grâce à leur paire de ciseaux de coiffeurs.
Ce qui était au départ un moyen de défense devient un jeu. Un jeu dont Albert accepte les règles malgré le danger et le dégoût. Solange est-elle heureuse pour autant ? La jeune femme est très secrète, parle peu.
Un récit à la première personne, celui d'Albert, entrecoupé parfois de pages en italique, à la troisième personne, pour raconter Solange comme détachée d'elle-même.
Quand elle s'exprime on sent beaucoup de souffrance enfouie.
C'est sordide, cruel, grinçant, et pourtant, ça donne le sourire. Un roman noir addictif !
(Muriel - Club de Lecture)
Serge a le poil laineux et crache sur ses camarades de classe : mais est-ce pour autant la licorne la plus moche du monde ?
Une nonne, Sœur Anne, est en mission en Bretagne. Elle est persuadée que la Vierge doit lui apparaître dans cette région.
Isaac, un ado effacé et fragile, semble pour tous un enfant bizarre, voire attardé. Et athée... au grand dam du père d'un des 'copains' farouche croyant.
C'est pourtant lui qui verra la Vierge, et pour son malheur en parlera. Et c'est là le principal sujet du livre : qui peut voir l'invisible ?
Dans le village, tous en parlent. Nous aussi on veut voir … Et rien n'arrive aux yeux des villageois.
Colères.
Et Sœur Anne se sent frustrée et son ressentiment envers de garçon simple ne fait que grandir.
Ces deux personnages se rencontrent en bord de mer un soit de grosse mer.
Le lendemain une lame de fond renverse le village et détruit tout sur son passage. On retrouve le corps d'Isaac sur la grève. S'élève le doute : qui a tué Isaac ? La mer ? La nonne ?
Ressort une question de fond : qui peut voir, sentir ce qui n'existe pas notre monde d'images et de certitudes ? La vérité simple et nue ? Et si nous avions deux mondes ou plusieurs ?
(Serge - Club de lecture)
